Référencement multilingue : mode d’emploi

Équipe de bureau en discussion assise autour d'un canapé.

Beaucoup de sites internet sont confrontés à des problématiques de gestion du multilingue dans le cadre de l’optimisation de leur référencement naturel. S’il s’agit d’un point stratégique pour beaucoup de pure players qui ne peuvent pas avoir des bureaux aux quatre coins de la planète, il s’agit également d’une problématique qui est très peu documentée. Nous avons donc décidé de consacrer un dossier aux principales questions qui se posent dans le cadre de l’internationalisation d’un site.

La localisation du contenu

Avant toute considération technique, il convient de s’assurer que l’on dispose bien d’un contenu localisé, et non traduit à la sauvette. L’agence de traduction faisant appel à des traducteurs natifs sera un paramètre incontournable pour éviter les accidents de parcours et se rendre compte 6 mois après la mise en production que toutes les optimisations pour le référencement naturel sont faites sur des mots-clés erronés. Idéalement, le travail de localisation est à mettre en parallèle avec une étude des mots-clés réalisée via un outil tel que Google Tendances des recherches. Cela permettra de s’assurer que la localisation du contenu est en phase avec les requêtes du marché cible.

Le choix des URLs

Dans le cadre de l’internationalisation d’un site, il y a plusieurs solutions possibles en matière d’URL. Google communique sur le fait que toutes les options se valent, d’autres ont des avis plus tranchés.

Ci-après les différentes options qu’il est possible de mettre en place.

1. Le sous domaine

Si l’URL de votre site est https://www.consultante-seo.fr vous pouvez opter pour des sous-domaines sous la forme suivante :

      • https://de.consultante-seo.fr
      • https://it.consultante-seo.fr
      • https://es.consultante-seo.fr
    • Cas particulier : https://be.consultante-seo.fr/be-fr/ & https://be.consultante-seo.fr/be-nl/
    • etc.

NB : L’internationalisation par le biais de sous-domaine est utilisée par hotels.com.

2. Les dossiers

Si votre site est https://www.consultante-seo.fr, vos dossiers se présenterons comme suit :

      • https///www.consultante-seo.fr/de
      • https://www.consultante-seo.fr/it
      • https://www.consultante-seo.fr/es
      • Cas particulier :https://www.consultante-seo.fr/be/be-fr/ & https://www.consultante-seo.fr/be/be-nl/
      • etc.

NB : L’internationalisation sous forme de dossiers est utilisée par Deezer.

3. Le domaine dédié

Si l’URL de votre site est https://www.aresweb.fr, l’internationalisation sous forme de domaines dédiés se fera comme suit :

          • https://www.seoacademie.de
          • https://www.seoacademie.it
          • https://www.seoacademie.es
        • Cas particulier : https://www.seoacademie.be/be-fr/ & https://www.seoacademie.be/be-nl/
        • etc.

NB :L’internationalisation via des domaines dédiés est utilisée par Tripadvisor.

Notez également que dans l’idéal, si votre site français est https://www.aresweb.fr, il faudra le basculer sur https://www.seoacademie.fr pour rester cohérent. Cette option est peut-être la plus optimisée pour le référencement naturel, mais elle est aussi la plus complexe à mettre en place.

Elle implique que tous les noms de domaine qui vous intéressent soient disponibles, et ajoute la complexité de la gestion d’une multitude de noms de domaines.

rel= « alternate » hreflang= « x »

Google met à disposition un moyen de signaler que l’on dispose de versions localisées d’une page. Il ne s’agit pas d’une étape obligatoire, mais il s’agit d’une best practice qu’il convient de respecter.

Comment cela fonctionne ?

Exemple avec la page https://www.seoacademie.fr qui disposerait d’une version allemande, italienne et espagnole.

Ajouter un élément « link » avant /head sur https://www.aresweb.fr pointant vers les 3 versions étrangères comme suit :

  •  <link rel= »alternate » hreflang= »de-DE » href=»https://www.seoacademie.de »
  • <link rel= »alternate » hreflang= »it-IT » href=»https://www.seoacademie.it »
  • <link rel= »alternate » hreflang= »es-ES » href=»https://www.seoacademie.es »

Il faudra en faire de même pour toutes les pages du site qui disposent d’une version localisée, et appliquer le même procédé sur les pages des sites localisés. Chaque page doit ainsi indiquer toutes les versions localisées disponibles pour un même contenu.

Google fournit une documentation complète à ce sujet à cette adresse : https://support.google.com/webmasters/bin/answer.py?hl=fr&answer=189077

L’hébergement

Google va chercher très loin pour essayer d’associer un site à un territoire ou une langue. Parmi les facteurs souvent pris à la légère, mais qui comptent, il y a l’hébergement. Les hébergeurs, conscients de la demande qui peut exister en la matière, proposent des solutions dédiées. Il est ainsi recommandé d’opter pour un serveur dédié avec une IP localisée.

Concrètement, cela permet -par exemple- d’héberger votre site https://www.seoacademie.it sur un serveur dédié italien avec une IP italienne.

Problématique annexe : suivi du trafic

Au delà du référencement à proprement parler, se pose également la question du suivi du trafic de chacune des versions localisées. Là aussi plusieurs méthodes, et pas de solution 100% gagnante.

Solution numéro 1 : utiliser un compte unique

Cette solution consiste à n’utiliser qu’un seul compte Analytics pour suivre tous ses sites. Cette option implique d’une part que l’outil Analytics utilisé supporte cet usage, et pose d’autre part le problème de lisibilité des statistiques. Si un site n’est localisé que dans 3 langues, cette solution peut être acceptable. En revanche, lorsqu’un site est localisé dans un grand nombre de langues, la question de la lisibilité des statistiques se pose.

Enfin, il faut être conscient des limites des solutions gratuites massivement répandues telles que Google Analytics. Le recours aux segments peut être un bon moyen pour suivre le trafic des différentes versions de son site. Il faut néanmoins savoir qu’au delà de certains volumes de visites, les segments passent en mode « accès rapide ». Si ces statistiques sont censées être fiables sur le papier, elles relèvent plus souvent du grand n’importe quoi et sont totalement inexploitables (car erronées). La seule solution de repli pour rester dans Google Analytics est de passer à la version Premium. Nous sommes dans ce cas bien loin de la solution gratuite…

Solution numéro 2 : un site = un tag

Il s’agit de la solution la plus méthodique pour suivre le trafic de toutes les versions localisées de son site. Elle implique néanmoins une certaine rigueur et peut vite rendre la consultation des statistiques fastidieuse. Un site localisé dans 20 langues donnera lieu à 20 comptes Analytics différents, qu’il faudra consulter un à un.

Il est cependant à noter que certains outils sont mieux faits que d’autres. La majorité des solutions de mesure d’audience accueillent leur utilisateur sur un tableau de bord de synthèse qui reprend les chiffres clés de tous les sites. Google Analytics qui proposait cette fonctionnalité dans son ancienne version ne la propose plus. Il faudra donc consulter chacun de ses comptes à un à un pour avoir une vue d’ensemble. Notez que l’excellent Clicky propose un tableau de bord très adapté à cet usage.

Conclusion

Comme souvent dans le référencement, les contraintes SEO à prendre en considération lors de l’internationalisation d’un site sont nombreuses et consistent en une minutieuse accumulation de petits détails. Le respect de ces bonnes pratiques est néanmoins le seul moyen de mettre toutes les chances de votre côté dans une stratégie d’internationalisation réussie.

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